À LA DÉCOUVERTE DE NOTRE PATRIMOINE BÂTI.
La ville possède un ensemble de bâtiments
anciens qui représente un atout supplémentaire à
la qualité de vie de sa population.
C’est donc dans un esprit de mise en valeur et
de protection du patrimoine architectural que diverses études
ont été réalisées:
- Un retour historique sur l’évolution
de l’architecture à Coaticook;
- cinq fiches signalétiques
des bâtiments anciens (secteur centre-ville);
- trois principes essentiels afin
d’intervenir sur les bâtiments anciens;
- une réglementation d’urbanisme
tenant compte des principales caractéristiques architecturales
retrouvées;
- une liste des bâtiments
à caractère patrimonial.
1) L’ÉVOLUTION DE L’ARCHITECTURE À COATICOOK
Coaticook possède une richesse patrimoniale
indéniable. Il existe en effet des bâtiments de types
résidentiel et commercial qui témoignent fièrement
du passé de la municipalité.
Ils sont en majorité situés près
du centre-ville et sont en assez forte densité pour permettre
d’identifier une zone urbaine à caractère patrimonial.
Cette zone se démarque des nouveaux développements
et pour conserver cet ensemble urbain, nous devons la protéger
et la mettre en valeur. La plupart des édifices reflètent
la fierté de leur propriétaire et sont en bon état.
Les bâtiments du Vieux Coaticook ont été
construits à la fin du l9ième et au début du
2Oième siècle. Très grands, ces édifices
répondaient aux besoins des familles nombreuses du temps.
Les coûts d’entretien de ces propriétés
et l’invention de nouveaux matériaux de revêtement
ont poussé les propriétaires à rénover
à la moderne. De plus, le mode de chauffage original n’étant
plus rentable, le charbon et le bois puis l’huile ont été
remplacés par l’électricité. Toutefois, les
coûts de l’énergie ont demandé une isolation
thermique plus grande et un changement des fenêtres pour les
rendre plus étanches à la chaleur.
Même avec ces changements, plusieurs bâtiments
ont su conserver leurs principales caractéristiques et l’architecture
domestique constitue toujours une richesse pour toute la région
de Coaticook. Il ne faut plus la gaspiller ni trop la modifier car
elle est irremplaçable.
Il y a moyen d’insérer de nouvelles constructions
dans ce milieu ancien, de rénover ou agrandir sans créer
de préjudices au patrimoine, bien au contraire on peut avec
quelques efforts judicieux améliorer ce milieu de vie et
l’enrichir.
2) LES STYLES D’ARCHITECTURE RESIDENTIELLE
Lors de la fondation de Coaticook, le type de résidences
qui était à la mode et connu des bâtisseurs
de l’époque était d’influence puritaine américaine.
Le style victorien s’est par la suite graduellement imposé
jusqu’à l’arrivée du style boomtown au tournant du
20ième siècle. L’architecture de Coaticook a aussi
été influencée par le style français
mansarde.
Architecture de style vernaculaire ou pittoresque
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Le plan est rectangulaire et l’étage repose sur
des murs nains ce qui permet une meilleure utilisation. On retrouve
un pignon en façade permettant de dégager l’étage
et de l’éclairer. Il est ainsi possible de loger aux
combles un étage pour les chambres tout en conservant
une bonne hauteur. Les ouvertures sont plus hautes que larges
et la fenêtre à guillotine est habituellement employée.
Les murs en charpente à claire voie sont recouverts de
planches à clin avec planches cornières aux angles.
Le toit à forte pente déborde peu et se prolonge
avec un retour simple sur les murs latéraux.
Ce style a connu des variantes comme le plan
en “L” où le mur de pignon fait face à la rue
et une prolongation latérale abrite les espaces de
services (cuisine d’été, garages, etc.).
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Architecture vernaculaire américaine d’influence victorienne
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La fin du l9ième siècle, l’époque
victorienne, a fait évoluer le style puritain américain
en lui rajoutant divers éléments décoratifs
très à la mode de l’époque. L’édifice
se recouvre de véritables dentelles de bois et la galerie
disparaît souvent pour faire place à une entrée
plus monumentale.
Le plan reste rectangulaire ou parfois en
“L” avec des avancés du pignon de l’étage. La
galerie se déplace à l’étage et les détails
abondent. Les matériaux de revêtement sont encore
la planche à clin et les bardeaux de bois. La toiture
est recouverte de tôle plutôt que de bardeaux
de bois.
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Architecture résidentielle de style victorien
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La mode romantique fait même apparaître
des maisons qui rappellent les châteaux gothiques avec
leurs tours et des fenêtres en saillies.
L’industrialisation aidant, les éléments
décoratifs abondent. Des éléments rappelant
l’architecture classique gréco-latine, fronton triangulaire
au-dessus des entrées et fenêtres viennent s’amalgamer
au néo-gothique de l’époque.
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Architecture cubique de style cubique ou « boomtown » (1880-1920)
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Vers la fin du X1Xe siècle et au début
du XXe, l’évolution de la ville et son industrialisation
rapide amène une population plus nombreuse. Cette maison
d'allure imposante et sobre a été construite jusqu'aux
années cinquante pour loger les familles nombreuses ouvrières.
Ce style est souvent associé aux villes ayant connu une
économie forestière, minière et qui a vu
la présence du chemin de fer. On développe alors
une architecture simple et efficace. Le toit en pente forte
ne permettant pas l’usage complet, l’étage fait place
à la maison cubique où le volume de l’édifice
est entièrement utilisable. Ce type de maison permet
des fonctions mixtes, commerciale au rez-de-chaussée
et résidentielle à l’étage. |
Architecture cubique d’esprit mansard
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On retrouve à Coaticook quelques résidences
où l’étage a été traité à
la mansard, c’est-à-dire que le toit est à deux
pentes percé de lucarnes.
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3) PRINCIPES D’INTERVENTION SUR LES BÂTIMENTS ANCIENS
En se basant sur diverses expériences de
rénovation ou de modification à des édifices
anciens réalisées ailleurs et depuis assez longtemps
pour qu’on puisse juger des effets à court et long termes,
on peut énoncer quelques principes qui devraient guider et
influencer le propriétaire désirant intervenir sur
sa propriété.
| Principe 1 |
“Modifier le bâtiment et son environnement
au minimum” |
Le valeur ancienne est là, telle quelle. Si on pense à
agrandir, à percer des lucarnes, on devrait se demander si
c’est vraiment nécessaire. N’y aurait-il pas d’autres solutions
d’aménagement à l’intérieur du volume tout aussi
adéquates, qui ne changeraient pas l’aspect de l’édifice?
| Principe 2 |
“Conserver les caractéristiques architecturales
qui sont le caractère même de cet édifice
ancien” |
Par exemple, lorsque l’on modifie la pente d’un toit pour augmenter
le volume de l’étage, on détériore plus qu’on
améliore. Le résultat est bâtard et même
si l’étage est plus utilisable, le bâtiment est dévalué.
Il en va de même pour l’élimination des galeries couvertes,
appentis d’époque, etc.
| Principe 3 |
“Réparer les éléments architecturaux
plutôt que de les remplacer. A la limite, les remplacer
par des éléments du même modèle et
dans les mêmes proportions” |
Par exemple, lorsque l’on remplace le plancher à clin de
bois par des planches de métal ou de vinyle, il ne faut pas
changer les proportions, c’est-à-dire une planche de quatre
pouces remplacée par une planche de huit pouces, cela débalance
l’aspect de l’édifice.
Remplacer une fenêtre rectangulaire verticale
par une fenêtre rectangulaire horizontale, a le même
effet de disproportionner le bâtiment. Éliminer les
cadres, les linteaux des bandes décoratives permet de réaliser
un revêtement économique à la construction mais
la valeur du bâtiment est diminuée car il devient anonyme
et perd son style.
4) RÈGLEMENT D’URBANISME
Le règlement d’urbanisme créant la
zone à caractère patrimonial a pour but de protéger
et conserver les édifices du Vieux Coaticook.
A l’aide du règlement, on pourra mieux planifier
les rénovations. Il sera possible en s’y conformant d'améliorer
judicieusement son édifice.
Il permettra d’ajouter une plus-value aux bâtiments,
c’est la meilleure façon d’économiser à long
terme.
Le règlement comprend des dispositions qui
touchent:
- les fondations;
- le revêtement extérieur;
- le recouvrement des toitures;
- le choix et le nombre de matériaux extérieurs;
- les ouvertures (portes et fenêtres);
- la modification du volume de l’édifice (toitures, saillies);
- les bâtiments accessoires et agrandissements.
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